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Anthestéries
Pourquoi donc attendre la lune ?
Ami, ouvre pour nous tes jarres
Que coule ici vin de fortune
Que chantent joueurs de cithare.
Déjà le parfum nous enivre
Que crisse le bruit des éclats
La vigne sacrée nous délivre
En mer se dressent tous les mats.
Nous faut-il attendre la nuit
Pour honorer Dionysos
De nos fêtes, Anthestéries,
Ce soir, nous buvons pour Bacchos !
Les pichets sont déjà bien pleins :
A celui qui boira le plus !
Découvrez, là, femmes, vos seins
L’Union sacrée près des lotus !
Le vin non dilué rend fou,
Ainsi il prouve qu’il est Dieu,
L’Acratophore aux cheveux roux
Miracle divin sous nos yeux !
Nous avons dansé pour la vie
Enivrons-nous donc pour nos morts
Que recommencent les orgies
Car nous approchons de l’aurore.
Bientôt ressurgiront nos mânes
Accomplissons les libations
Apaisons les érotomanes,
Revient la civilisation.
Le Dieu en ultime cadeau
Nous offrira le Kykeon,
Coupons le vin avec de l’eau
Et les folies disparaîtront.
Lorsque surgira le matin,
Hommes, redéposez vos masques
L’hiver trouvera là sa fin.
Femmes, couvrez vos ventres flasques !
Mais jusqu’au retour d’Apollon
Buvons pour Bromios deux fois né
Des dithyrambes, récitons
Au nom des morts durant l’année !
Fini, rhabillez-vous Bacchantes,
Satyres, cessez vos merveilles
Les transes jamais ne nous mentent :
Voici le levé du soleil !
NYX
Note de l'auteur: Pour bien comprendre le poème, je conseille bien sûr de se renseigner sur les Anthestéries et sur Bacchos car chaque mot utilisé, chaque vers lui sont profondément liés.
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Le poème qui se noie
Dans les méandres de l’écume
Se sont couchés entre les vagues
Les souvenirs que l’on parfume,
Les pleurs de la femme sans bague.
Et la tempête qui fait rage
Souffle sur le corps de l’enfant
Qui s’endort, à jamais sans âge,
Dans le ventre de l’Océan.
Si les marins sur leur bateau
Se souviennent lorsqu’ils sont ivres
Du temps où comme des oiseaux
Ils se sont envolés pour vivre,
Leurs épouses sur les rivages
Les nuits contemplent l’horizon
Craignant qu’un violent naufrage
Fauche leurs hommes sans raison.
Au loin, couchée sur ses poissons,
La mer pleure l’immensité,
Les larmes coulent en amont
Dans les fleuves abandonnés.
Puisqu’il nous faut noyer encor
La boule qui nait dans la gorge
Dans le silence, trop d’effort
Pour cette enceinte qui se forge.
Vas, cours, toi, enfant de la vie
Avant que dans ton dos le sort
T’envoie pour étouffer tes cris
Dans la nuit l’enfant de la mort.
Quand à l’onde calme du jour,
Le cyclone s’en vient troubler
Les cœurs, les nombreuses amours
Dans les abîmes vont crever.
L’eau se brise sur les rochers
Et dans ce fracas douloureux
Mon âme n’est plus inspirée
L’écho de mes vers sonne creux.
NYX
Note de l'auteur: Merci pour vos 12 000 visites =D
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Puisqu'il te faut monter là-haut
A ma grand-mère que j'aime
Puisqu’il te faut monter là-haut,
Puisque tu vas sourire aux anges
Puisqu’à tout jamais les oiseaux
Voleront, chantant tes louanges.
Puisqu’il te faut monter là-haut,
Il est temps pour moi de te dire
Ce que mon cœur a de plus beau
L’amour de toi, mes souvenirs…
Puisqu’il te faut monter là-haut,
Entends-moi te parler de nous
Ecoute crier les bateaux
Au gré des vagues sur mes joues.
Puisqu’il te faut monter là-haut,
Dès l’aurore, j’irai, jolie,
Penser à toi, près du ruisseau
Et danser au nom de la vie.
Puisqu’il te faut monter là-haut
Et qu’il me faut te dire Adieu
Et puisqu’à l’ombre des rameaux
Je ne peux plus espérer mieux…
Puisqu’il te faut monter là-haut
Mon âme et cœur à l’unisson
Crient qu’il est encor bien trop tôt
Et chantent nos vieilles chansons.
Puisqu’il te faut monter là-haut
Au douloureux pas de mes larmes
Marcheront alors les chevaux.
Ô le vent de tes anciens charmes.
Puisqu’il te monter là-haut,
Souviens-toi, sous ton aura,
De ces enfants que du berceau
Tu serras entre tes deux bras…
Puisqu’il te faut monter là-haut,
Tu vas rejoindre ton mari,
Tu t’en vas soulager tes maux.
C’est à la mort que tu souris.
Puisqu’il te faut monter là-haut
Les portes du Saint Paradis
Grincent, s’ouvrant près des hameaux
Voilà, tu vas quitter la vie.
Puisqu’il te faut monter là-haut
Alors dans mon chagrin extrême
Je viens te murmurer ces mots,
Je te murmure que je t’aime !
Puisqu’il te faut monter là-haut,
Puisque tu vas sourire aux anges
Puisqu’à tout jamais les oiseaux
Voleront, chantant tes louanges.
Nyx
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Te manque-t-il de temps en temps?
Comme un ange, mon garçon dort.
Assise près de lui, je pleure.
Car je sais que ce soir, encore,
Tu ne pourras calmer ses peurs.
Tu es bien trop loin, maintenant
Et tu as sans doute oublié
Que chez toi t’attend un enfant.
Lui, que tu as abandonné.
Lui, que tu as abandonné
Ne cesse de penser à toi.
Il vient toujours me questionner :
« D’où vient la vie qui est en moi ? ».
Toi, toi qui ne l’as pas vu naître,
Penses-tu à lui, maintenant ?
Toi, toi qui est parti en traître,
Te manque-t-il de temps en temps ?
Il a de toi ses cheveux blonds,
Il a de toi ses grands yeux bleus.
Quand il sourit d’un air mignon,
C’est toi que j’entrevois…Un peu !
Mon garçon n’a besoin de rien.
Aucune douleur ne le perd.
Il ne lui manque que le lien
Qui unit un fils et son père.
Il ne montre pas sa souffrance,
Il tait ce qu’il doit endurer
Seul, à cause de ton absence.
Pourquoi l’as-tu laissé tomber ?
Toi, qui n’as pas pu assister
Aux premiers pas de ton enfant,
Ne l’as-tu jamais regretté ?
Te manque-t-il de temps en temps ?
Tu n’as pas pu l’encourager
Lorsqu’il a dit ses premiers mots.
Mais aujourd’hui qu’il sait parler,
Aujourd’hui, « papa » sonne faux.
Tous les soirs, dans notre maison,
Je le serre contre mon sein,
Je regarde notre garçon
Et je lui caresse la main.
Il a repeint sa chambre en vert,
C’était ta couleur préférée ;
Il en a fait son seul repère,
Celui où il peut te parler.
Tu n’y penses sans doute plus,
Et pourtant ton garçon t’attend…
Toi qui de ta vie l’a exclu :
Te manque-t-il de temps en temps ?
Nyx
Note de l'auteur: Je m'excuse vraiment du peu de mise à jour, en ce moment mais je n'ai pas beaucoup de temps ces derniers temps, pour raisons personnelles.
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Peut-on guérir après avoir trop aimé?
Peut-on guérir après avoir trop aimé ? Peut-on encore sourire, se relever, rêver ? Est-on seulement encore capable d’imaginer la vie ? Peut-on rire après avoir tant souffert, après s’être plié de douleur, s’être courbé de souffrance, s’être mis à genoux, sans honte, sans plus aucune fierté pour supplier ? Arrive-t-il un jour où l’on retrouve le sommeil, on devient capable à nouveau de dormir sans larme et sans cauchemar, une nuit entière ? Vient-elle, cette nuit où l’on n’est pas tiraillé par l’absence, le vide ? Devient-on capable de penser à nouveau ou même simplement de sourire ? Est-il possible de réparer un cœur dont on ne trouve plus les morceaux, de panser une blessure qui ne cesse de saigner ? Peut-on retrouver le goût de vivre alors même que l’espoir vous a quitté ? Peut-on guérir après avoir trop aimé ? Sommes-nous un jour à nouveau capable d’espérer, de relever les yeux ? Peut-on retrouver l’amour après avoir été brisé, après avoir été détruit ? Peut-on faire face à cette torture qu’Eros, tout puissant, nous inflige ? Peut-on regarder l’humain sans le haïr malgré nous ? Devient-on capable de concevoir un futur alors même que l’avenir n’est plus et que le présent se perd ? Ose-t-on simplement à nouveau regarder l’amour en face ? Peut-on guérir d’avoir trop aimé ? Ce soir, encore, je fais face au cerisier qui me nargue. Il a perdu de sa dorure initiale, sa couleur s’effrite et mêmes ses pétales me semblent moins rayonnants. Il n’a plus le même effet sur moi, il n’a plus son pouvoir magique. Avec lui, je vois la souffrance et je sens la rancune de ce qui s’est fait et de ce qui ne s’est pas dit. Je regarde la lâcheté et la fin. Pour la première fois. Pour la première fois, je vois le cerisier et ses défauts après avoir tant tenté de l’oublier…Mais malgré tout, malgré cette prise de conscience, j’y reste attachée, jour après jour. Chaque fois que je m’en éloigne, soupirant de soulagement, j’y reviens lorsque les forces me quittent et que je me fais plus faible. Quel est ce maléfice ? Pourquoi malgré la colère et la souffrance, je reste ici, à observer sa beauté et sa douceur ? Suis-je donc insensée pour aimer un cerisier qui ne m’appartient pas ? Est-ce l’idéal d’un ange que j’ai posé sur lui et dont je ne peux me détacher ? Vais-je seulement pouvoir partir ? J’en suis capable ! Il y a eu, avant lui, longtemps avant lui, un flocon de neige blanche, magnifique et que, après de nombreuses larmes, j’ai accepté de laisser partir. Pendant, j’ai frôlé un autre bonheur, celui d’aimer dans le vrai, un sapin qui s’en est allé pousser ailleurs sans tenir ses promesses, sans se retourner, sans comprendre ce que je ne comprenais pas moi-même et qui dans sa fierté ne m’entendra jamais lui dire qu’il me manque. Tout en moi tend à me dire que le cerisier peut s’oublier, lui aussi. Je l’avais oublié…Mais j’y reviens, encore et inlassablement comme attachée à un idéal qui ne m’est pas dû. Pourtant il s’effrite, ce cerisier, me laissant seule avec mes regrets, mes rancunes et mon amour…Et je me souviens m’être mise à genoux, tant de fois, trop de fois puisqu’il n’y a de sens à s’agenouiller que devant l’être que l’on aime. Et je me souviens avoir agi, en silence, dans l’ombre, pour voir mon cerisier heureux. Mais toutes les nuits, quand je ne dors pas, ce sont des larmes qui coulent. Celles d’un passé lointain avec un flocon qui parfois me guide encore, celles du regret de n’avoir pas pu tout expliquer quand il l’aurait fallu et celles d’un amour idéal qui n’est peut-être qu’un reflet mais qui me tiraille encore le cœur, aujourd’hui… Assise face à mon cerisier, je ne cesse de me demander : » Peut-on encore regarder l’amour en face ? Peut-on guérir après avoir trop aimé ? »
Nyx
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