• Epopée du Neo-Empire

    Chant III

    3 ans et ce vide que nous a laissé

     

    Muses vous ne pouvez nier

    Teekerebs, royaume effondré,

    Vous ne pouvez taire la mort,

    Ni la Luna qui pleure encore.

    Alors, attrapez vos violons,

    Et jouez les vides vallons,

    Chantez tristesses et souffrances,

    Chantez vestiges et errances,

    Solitudes, ruines et pleurs,

    Larmes, ravages et douleurs.

    Contez l’histoire de l’empire

    Déchu dans un dernier soupir.

     

    Il fut étendu le drap blanc

    Par victoire sur sa Maman,

    Sur le corps glacé d’Eugénie,

    Sur le royaume et sur la vie.

    Les habitants en petit nombre

    Escortèrent dans la pénombre

    La petite boîte de bois

    Surmontée d’une jolie croix.

    Alors Luna prit la parole,

    Au milieu de la nécropole,

    Louer une dernière fois

    Dans un immense désarroi

    La grandeur d’antan d’Eugénie

    Dire son amour et merci

    Pour tout ce qu’Eugénie bâtit

    Tout ce qu’Eugénie construisit

    Tout ce qu’Eugénie lui donna

    Les bonheurs qu’elle suscita.

    Luna enfin lui dit adieu

    Avec son peuple silencieux.

     

    Il est céans temps de narrer

    Les errances de l’esseulée,

    Puisque Victoire la quitta

    Avec Anaxa, Caela.

    Luna sur la terre brulée

    Se trouva seule, abandonnée.

    Elle marcha sur les chemins,

    Franchit montagnes et matins.

    Gardant Lupe pour compagnon,

    Le long des routes, cette union

    Lui permit de ne pas sombrer

    Lui permit de ne pas couler.

    Luna avait pour objectif

    D’explorer terres et récifs,

    De ramener son Eugénie

    A la vie, qu’importe le prix.

    Elle affronta marées et vents

    Brava tempête et ouragan,

    Et descendit dans les enfers

    Pour y supplier Lucifer,

    Prête même à vendre son âme

    Pour le retour de cette dame.

    Rien ne pouvait briser le sort,

    Rien ne pouvait contrer la mort.

     

    Luna désolée contemplait

    L’empire qui jadis brillait

    Perdre ses couleurs et sa joie,

    Son cœur, sa fortune et sa foi.

    Les maisons autrefois glorieuses

    S’usaient par leur vie malheureuse,

    L’hiver avait pris possession,

    Des vergers, des champs, des passions.

    Le château fut couvet de lierre,

    Son jardin devint de la pierre.

    Luna ne put plus y rester,

    Et fut condamnée à errer,

    Laissée sans logis, sans foyer.

    Alors elle se mit en quête

    D’une contrée calme et discrète

    Pour rapprendre à rire et sourire

    Et fonder son néo-empire.

    Nyx


    votre commentaire
  • Comme un poème sans rime

    Je ne peux même plus compter

    Comme un bateau dans le brouillard

    Qui toutes voiles au dehors

    Ne trouve pas le moindre port

    Où amarrer l’encre si tard !

     

    Comme l’immaculée colombe

    Qui au bruit des canons de guerre

    Tente de fuir les sombres tombes,

    Reste sans ailes sur la terre.

     

    Comme un poète qui entame

    Une œuvre pour chanter le beau,

    Se retrouve soudain sans mot,

    Et sent que disparait son âme.

     

    Comme l’enfant dans la nuit noir

    Est terrorisé, pétrifié,

    Appelle maman, effrayé,

    Mais reste seul et sans espoir.

     

    Je suis insensible aux bonheurs

    Que la vie daigne encor m’offrir

    Puisqu’est là mon plus grand malheur :

    De ne pas pouvoir te les dire.

     

    A quoi peut me servir la joie ?

    Si tu n’es pas auprès de moi

    Pour partager sans fin mes rires

    Et pour répondre à mes sourires ?

     

    Comme dans la gorge un sanglot

    Que je ne peux plus exprimer,

    Comme autour du cœur un étau

    Que je ne peux pas détacher.

     

    Comme un violon sans diapason,

    Comme un lion sans antilope.

    Comme un Gavroche sans maison,

    Comme Ulysse sans Pénélope,

     

    Comme une aurore sans soleil,

    Comme une rose sans rosée,

    Comme une nuit sans sommeil,

    Comme une âme au rêve arraché.

     

    Le soir et la nuit sans relâche

    Je crie ton nom et je t’appelle

    Je te parle, raconte tout

    Mais je demeure sans réponse…

    Peut-être qu’un jour ton étoile

    M’expliquera pourquoi, pourquoi,

    Tout ce que je touche et que j’aime

    Meurt comme un poème sans rime…

    Nyx

    Note de l'auteur: mes examens m'empêchent d'écrire mais n'empêchent pas mon coeur de ressentir... Je n'oublie pas.


    votre commentaire
  • Sonnet d'une musique disparue

    31 mois et ton image ne me quitte pas

    Notre temps n’était que musique :

    On dessinait des dos, des sols,

    Des dièses, des jolis bémols

    Au gré des partitions magiques.

     

    On égarait parfois le mi.

    C’était une octave plus bas

    Qu’on le trouvait avec le la

    Et les croches battaient la vie.

     

    Mais un jour, tout s’est arrêté :

    Dans nos rythmes, quelques trochées

    Ont introduit des faussetés,

     

    Les notes ont fui la portée,

    Et j’ai même perdu la clef 

    Sur laquelle il fallait jouer.

    Nyx

     

    Note de l’auteur : quelques mois de retard dans ces poèmes du 15. Pourtant il ne se passe pas un jour sans que j’y pense. Bonne semaine à tous !


    votre commentaire
  • Sonnet d'une rose pour toi

    29 mois et tu me manques de plus en plus

    La petite fille aux yeux bleus

    Se tient debout face au destin

    Triste, elle a les larmes aux yeux

    Et une rose dans la main.

     

    Une pyramide de marbre,

    Au milieu d’un petit jardin

    Reflet de ces tombes de marbres,

    Eclair, d’un souvenir soudain.

     

    L’enfant face à la pyramide

    Verse des larmes sur la rose ;

    Son cœur et son âme sont vides.

     

    L’enfant s’en va d’un pas morose,

    Et tout contre la pyramide 

    Se tient debout la rose éclose.

    Nyx

     

    Note de l’auteur : j’ai laissé passer deux mois sans poème mais je n’y ai pas moins pensé.


    2 commentaires
  • Sonnet de l'oubli

    26 mois et on n'est toujours pas heureux

    J’oublie les formes, les images,

    Les rires, les voix, les sourires

    J’en oublie même ton visage

    Et le bonheur de nous décrire.

     

    J’ai oublié les murs, les décors,

    Nos habitudes, notre vie,

    La maison, le jardin, nos torts.

    De quoi avions-nous donc envie ?

     

    J’oublie comment me souvenir,

    J’ai oublié comment écrire,

    Et j’ai oublié la douceur

     

    De l’amour dépourvu d’horreur.

    De ce vide, devenue ivre, 

    J’en ai oublié comment vivre.

    Nyx

     

    Note de l’auteur : Voilà le poème du 15… Je pense qu’une phrase devenue célèbre de Lamartine (que pourtant je n’apprécie pas trop) résume l’ensemble du poème : « un seul être vous manque et tout est dépeuplé »… Une personne partie et on en a tous oublié comment vivre heureux… Peut-être parce qu’on ne le peut pas, sans elle…


    3 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires