• L'homme qui dessinait les visages

    L'homme qui dessinait les visages

     

    Une nuit, mon petit garçon

    Vint se faufiler dans mon lit.

    La lune sur ses cheveux blonds

    Renforçait son air endormi.

     

    Tout en frottant ses jolis yeux

    Il se serra contre mon sein.

    Suçotant son pouce, nerveux,

    Il dissimulait son chagrin.

     

    « Maman, me dit-il calmement

    Qui dessine tous les visages ? »

    C’était l’objet de ses tourments

    Jusque dans ses rêves, mirages.

     

    Moi, allongée à ses côtés,

    Je me rappelai d’un vieux conte

    Qu’une femme m’avait narré…

    « Allez, maman, vas-y, raconte ! »

     

     

    Il était une fois un homme

    Un grand génie de la peinture,

    Qui n’avait pas besoin de gomme,

    Dont l’âge n’était que blessure.

     

    Alors qu’il peignait un enfant,

    Un soir, Dieu envoya la mort

    Enlever le vieillard souffrant.

    Le père avait choisi son sort.

     

    Ainsi, entrant dans l’atelier

    La mort fit face à un tableau,

    Un bambin au rire léger.

    La mort ne trouvait plus ses mots.

     

    Cette ombre n’avait jamais vu,

    Jamais pu voir un seul sourire

    Pleurs et cris pour l’ange déchu.

    Joie, la mort découvrait le rire.

     

    Touché par l’art de l’innocence,

    Le spectre accepta le délai

    Que l’homme à genoux, en souffrance

    De ses larmes lui réclamait.

     

    La mort lui revint chaque nuit

    Mais un sourire l’attendait

    Toujours différent et sans bruit,

    La mort heureuse s’en allait.

     

    Mais un soir, Dieu bien en colère

    Réclama des explications.

    De ces sourires de lumières,

    La mort parla avec passion.

     

    Piqué par la curiosité,

    Dieu se rendit chez le vieillard,

    Voulant lui-même constater,

    La réalité de son art.

     

    Devant cet immense talent,

    Le puissant décida alors

    D’ôter les blessures du temps

    Du front du vieillard en effort.

     

    Ensuite, il le prit avec lui

    Et l’installa sur un nuage

    Depuis, on dit qu’au paradis

    L’homme dessine les visages.

     

     

    Cet ancien conte terminé,

    J’observai mon petit garçon :

    Il avait ses deux yeux fermés,

    Il s’était endormi, mignon.

     

    Alors, le serrant dans mes bras

    Je m’allongeai à ses côté.

    L’enfant contre mon cœur qui bat,

    Je m’endormis sans trop tarder.


    Nyx


    Note de l'Auteur: Le conte originel n'est pas de moi, malheureusement. Je n'ai fait que le raconter de manière poétique.


  • Commentaires

    1
    amalfillah
    Jeudi 15 Décembre 2011 à 10:32

    très très beau (talent avec un seul l)

     

    2
    Jeudi 15 Décembre 2011 à 10:53

    Mercii. Voilà talent est corrigé

    3
    Mercredi 28 Décembre 2011 à 15:51

    Le conte existe vraiment ou c'est toi qui l'a inventé? parce que si tel est le cas, mazette il est magnifique! j'ai vraiment adoré ce poème, beaucoup beaucoup. Il était franchement très beau. Sublime

    4
    Mercredi 28 Décembre 2011 à 16:15

    Merci beaucoup.

    Malheureusement, le conte existe déjà et n'est pas de moi...Mais je serais bien incapable de te dire à qui il appartient... Je l'avais entendu, un jour, il y a longtemps. Il me semble que c'est un conte anonyme mais j'essaie desespérement de qui/que/quoi/ou le retrouver pour rendre l'histoire à son propriétaire.

     

    Mais je suis ravie que le poème te plaise ^^

    5
    Mercredi 28 Décembre 2011 à 21:39

    Bien en tout cas, tu as parfaitement su le sublimer ^^ bravo

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