• Le joueur de pipeau

    Le joueur de pipeau

     

    Résonne parfois dans le vent

    Un refrain que je connais bien,

    Une chanson que les enfants

    Chantent depuis les temps anciens.

     

    C’est l’air du joueur de pipeau

    Qui demeure éternellement,

    Qui sort de la terre et de l’eau,

    Qui nous attire et qui nous prend !

     

    Souvenez-vous de cette histoire :

    Une ville envahie de rats,

    Des habitants au désespoir,

    Affamés, fatigués et las !

     

    Il ne restait rien à manger.

    Les hommes mourraient tous de faim

    Car les rats venaient dévorer

    Les murs, les boissons et le pain !

     

    Un jour arriva l’étranger

    Vagabond, joueur de pipeau

    Qui parla de les libérer,

    De chasser l’horrible fléau.

     

    Un marché fut vite conclu

    Des rats, il allait s’occuper

    En échange de mille écus.

    Alors, il se mit à jouer.

     

    La brise accompagnait le son.

    Les rats sortirent de leur trou,

    Les rats sortirent des maisons

    Et suivirent le joueur roux.

     

    Il les mena à la rivière

    Grâce au pipeau, il les noya

    Avant de faire marche arrière.

    Et au village, il retourna.

     

    Jouant, il réclama son dû

    Mais les habitants le chassèrent

    Il ne reçu aucun écu

    Mais fut frappé à coup de pierres.

     

    Le soir, délivrés du désastre

    Tous les citoyens soulagés,

    Sous la douce lume des astres,

    Heureux, allèrent se coucher.

     

    Soudain, on perçut dans la nuit

    Le refrain d’un air de pipeau.

    Et les beaux enfants endormis

    Abandonnèrent leurs berceaux,

     

    Quittant leur lit et leur maison

    Se laissant bercer par le vent

    Ensorcelés par la chanson,

    S’avancèrent paisiblement.

     

    Sur la route, Dame la lune

    Les emportait avec le chant.

    Sous son beau rayon de fortune

    Dansaient encor tous les enfants.

     

    Plus loin, le joueur de pipeau

    Envoutait de son instrument,

    Attendait à côté de l’eau,

    La sombre arrivée des enfants…

     

    Dans le village résonnaient

    Déjà les cris des habitants

    Qui effrayés, se réveillaient

    Inaptes à ouïr le chant.

     

    Souvenez-vous de la rivière,

    Où le joueur mena les rats.

    Ce soir, les enfants s’y noyèrent.

    Et le vagabond s’en alla.

     

    Quand, la nuit, j’entends la romance

    Qui m’envoute et résonne en moi.

    C’est un reste de mon enfance

    Je m’accroche à mon lit, j’ai froid.

     

    Nous savons qu’il règne au dehors

    Le reclus joueur de pipeau

    Puisque pour nous, il joue encore,

    Assis à côté du ruisseau.

     Nyx

     

    A Morelon

     


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  • Commentaires

    1
    Vendredi 23 Septembre 2011 à 16:38

    Quoi ! Je n'ai pas commenté ce MASTERPIECE ! Honte à moi !

    Superbe poème :)

    2
    Nyx Profil de Nyx
    Vendredi 23 Septembre 2011 à 19:37

    <3 Merci mon Morelon <3

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