• Personne ne peut t'aimer

    Personne ne peut t'aimer

     

    Puisses-tu ne pas oublier

    Que personne ne peut t'aimer,

    Puisse ton triste sang couler

    Pour toujours te le rappeler.

     

    Moins que rien. Larmes acides. Vide. Et tu tombes, tombes, tombes. C'était beau l'espoir. Quand la nuit noire. Tombe sur le jour. Et qu'elle te fait croire. Que tu es digne d'amour. C'était beau le soir. Et tu voles, voles, voles.

     

    Pourras-tu donc te souvenir

    Que c'est seul que tu vas mourir,

    Sans personne pour te sourire :

    « tu ne mérites pas de vivre ».

     

    Pourquoi penser ? Pourquoi danser ? Pour un petit bout de chaleur ? Chaleur humaine. Chaleur du coeur ? Mais ce n'est pas pour toi. Pas toi, non, pas toi... Tu ne l'avais pas compris ? C'était beau la vie. C'était beau l'amour. C'était beau de croire...ne pas crever seul... Mais va donc petit épagneul. Personne ne peut t'aimer.

     

    Allons va retrouver le froid,

    Va, allez, car c'est lui ton roi

    Un loup, un fantôme et toi, trois

    Trois pour rester loin de leur croix.

     

    Monstre, monstre, monstre ! Va, cours, ton loup sur les épaules. Le fantôme dans ton dos. Loin, plus loin. Ils te chassent à coups de pierres. Qui étais-tu pour espérer ? Monstre, monstre, monstre ! Qui aurait pu te supporter ? Et tu as cru pouvoir oublier ? Que tu n'as rien, que tu n'es rien. Personne ne t'a jamais choisi, personne ne t'a jamais voulu. Pourquoi chanter ? Cours ! Va rejoindre l'enfer. C'est à Lucifer...Que tu appartiens. Tu as crû pouvoir le doubler ? Mais tu n'as rien. Tu n'es rien. Monstre, monstre, monstre ! Abandonne. Allons ! Fais toi une raison. Oublie l'humain. Tu as cru être apprécié ? Mais tu n'as rien. Tu n'es rien. Sèche tes joues. C'est terminé. Emporte ton loup. Personne ne peut t'aimer.

     

    Ah voilà ! Tu es repoussant !

    Que tu es laid, un peu souffrant.

    Ils disent que tu es répugnant

    Et juste est leur raisonnement.

     

    Qui pourrait te toucher ? T'es-tu donc regardé ? Tu es seul, tout le temps. Dégoûtant. Différent. Tu repousses. C'est pas toi. T'es né comme ça. Mais regarde-toi ! Pour qui pourrais-tu encore compter ? A part ce fantôme. A part ce loup. Sois pas jaloux. Toi tu ne mérites pas. Les câlins, les bisous. Toi, tu n'es pas digne. D'un sacrifice. Mais enfin ! Tu n'as rien, tu n'es rien. Enfonce-toi dans les fonds des bois. Personne ne viendra te chercher. Tu pourras y mourir sans émoi. Personne ne viendra te réclamer. Car tu n'as rien. Tu n'es rien. Et personne ne peut t'aimer...

     

    Comment ai-je pu oublier

    Que personne ne peut m'aimer ?

    Puisse mon triste sang couler

    Pour toujours me le rappeler.

    NYX

     

    Note de l'auteur: petit jeu nouveau. Poésie et prose. J'ai essayé de jouer sur les sons, le rythme même dans la prose. A demain, sans doute. Pour la suite de l'épopée.


  • Commentaires

    1
    amal
    Dimanche 15 Juin 2014 à 11:35

    waouw il donne des frissons celui-là ... d'effroi, de tristesse, de compassion ...

    2
    Lundi 16 Juin 2014 à 20:15

    Merci beaucoup. 

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