• Plongeon dans mes enfers

     Note de l'auteur: Pour une fois, une petite note avant le poème. Simplement pour vous prévenir que ce dernier est très long, à la mode d'Hugo. 

    Plongeon dans mes enfers

    9 mois et la peine reste la même

     J'ai marché le long des bois sombres,

    J'ai traversé les nuits sans lune,

    J'ai vu le royaume des ombres,

    J'ai hanté les temps sans fortune.

     

    Partout où j'errais sans lumière,

    Je n'avais qu'un nom dans le cœur.

    Je n'ai qu'un mot dans mes prières,

    Depuis que je m'en vais sans peur.

     

    Personne ne m'a accordé

    Ce dont j'avais le plus besoin,

    Personne n'a su me donner

    Un long retour sur mon destin.

     

    Alors j'ai sillonné les mers

    Bravant tempêtes et orages

    J'ai arpenté toutes les terres,

    Le cœur en pleur, le cœur en rage.

     

    Je suis passée devant Cerbère,

    J'ai pris la barque de Charon,

    L'épée en main, en main le fer

    J'ai combattu le fort Pluton.

     

    J'ai navigué sur l'Achéron,

    J'ai bu au fleuve de Léthé,

    J'ai nagé dans le Flégethon,

    Mais rien ne m'a fait oublier.

     

    Maintenant je suis devant toi,

    Car j'ai chanté dans les enfers

    Tu me vois à genoux, mon roi,

    Je viens te voir, Ô Lucifer.

     

    Tel que je suis, dans cet état,

    L'âme rongée par son absence,

    La vie brisée par les tracas,

    J'ai bien perdu mon innocence.

     

    Je n'ai plus rien à espérer

    Je ne ressens plus son amour

    Je ne peux que te supplier,

    Versifiant comme un troubadour.

     

    J'ai déjà prié Gabriel,

    J'ai déjà prié le seigneur

    Mais ils me l'ont montée au ciel

    Et je me suis crevée le coeur.

     

    Sans doute connais-tu l'histoire,

    Tu sais donc pourquoi je suis là

    Tu sais que je suis dans le noir,

    Tu comprends pourquoi je me bats.

     

    J'ai pourtant noyé mon chagrin,

    Dans l'alcool ou dans les poèmes.

    Mais je pleure encor le matin,

    Malgré les bras de ceux qui m'aiment.

     

    Je suis devant toi, Lucifer,

    J'en ai fini de tous ces drames.

    S'il te plaît, rends-moi ma grand-mère;

    En retour, je te vends mon âme.

     

    Tu feras ce que tu voudras

    Car peu m'importe de brûler,

    De tes doigts crochus, tu prendra

    Mon souffle pour l'éternité.

     

    Moi, je ne veux qu'elle en échange,

    Je veux la vie dont on rêvait,

    Je désire que rien ne change:

    Prends pitié exhausse mes souhaits.

     

    Si tu la renvois à mes yeux,

    Et si tu la rends à mes bras,

    Peut-être pourrais-je être heureux,

    Le temps de la vie d'ici bas.

     

    Allez, allez, roi Lucifer,

    Ne mes laisse pas tant souffrir.

    Tu es le porteur de lumière,

    A mes vœux tu peux consentir.

     

    Il fait bien sombre tout d'un coup.

    Viens-tu de m'enlever mon âme ?

    Qu'importe, j'attends à genoux

    Que vienne le corps de la dame.

     

    C'est ici que je resterai?

    Quand tu m'auras percé les yeux ?

    Dans ce sang-là, je dormirai,

    Quand tu m'auras jetée au feu ?

     

    Qu'importe, j'accepte, te dis-je

    Je me souscris à tes tortures,

    J'irai te chercher les rémiges,

    Dans le nid des oiseaux si purs.

     

    Tu feras de moi ton esclave,

    A ton nom, je boirai mon vin,

    J'irai t'aduler dans les caves

    Mais rends-moi ma joie du matin.

     

    Peu me chaut que je t'appartienne,

    J'irai te corrompre Vénus,

    Tu pourras bien me faire tienne,

    Je n'ai rien à perdre de plus.

     

    Ma vie en est si misérable,

    Depuis que Dieu me l'a volée.

    La douleur n'est plus supportable,

    Depuis qu'on m'a abandonnée.

     

    Ce que tu proposes céans

    N'est rien face à ce cauchemar

    Qui transparaît dans mes péans,

    Lorsque je pleure et qu'il est tard.

     

    Rien, rien ne saurait être pire

    Que de vivre dans ces ténèbres ;

    Sur les vestiges de mes rires

    Il ne règne qu'un chant funèbre.

     

    Je suis devant toi, Lucifer,

    J'en ai fini de tous ces drames.

    S'il te plaît, rends-moi ma grand-mère;

    En retour, je te vends mon âme.

     

    Tu clames que je suis trop pure ?

    Que mon âme ne peut noircir ?

    Mais souille-la, je t'en conjure

    Car je veux revoir son sourire.

     

    Je veux sentir autour de moi

    Ses ailes recouvrir mon dos

    Me protéger, guider mes choix,

    Elle peut calmer mes sanglots.

     

    Toi seul peut faire ce miracle,

    Deumo, cesse de refuser:

    Ma vertu n'es pas un obstacle,

    Je ne suis pas immaculée !

     

    Vois, tu es mon dernier recours.

    Si tu refuses, je me perds!

    Tu ne veux rendre mon amour ?

    Je replonge dans mon enfer.

    Nyx

    Note de l'auteur: J'ai deux mois de retard dans les poèmes. La longueur de celui-ci rattrape un peu cela mais j'essaierai de terminer les poèmes des deux mois précédents. A bientôt.


  • Commentaires

    1
    Mercredi 20 Mars 2013 à 18:56

    Quelle prière! Si avec cela tu n'es pas exaucé, je ne comprends plus rien!!!

    NOn, blague à part, je n'ai pas vu la longueur...j'ai bu les trophes,  une à une. Charlotte

    2
    Samedi 23 Mars 2013 à 21:55

    Merci bien! J'aimerais bien être exhaussée mais malheureusement, je commence à constater qu'écrire des poèmes n'y suffira sans doute pas... Qu'importe, je continuerai!
    Merci bien en tout cas, j'avais peur que "la longueur" rebutte un peu, surtout à l'heure d'aujourd'hui où la poésie n'est plus ce qu'il y a de plus apprécié mais en tout cas, cela me touche et me fait bien plaisir, alors!

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