• Sonnet dans les étoiles

    25 mois et rien n'y fait

    Est-ce que brillent les étoiles ?

    Peux-tu voir Saturne danser ?

    As-tu lu la dame aux sept voiles,

    Entendu les anges chanter ?

     

    Cours-tu vite après les comètes ?

    Vas-tu te baigner sur Neptune ?

    Et des nuages plein la tête,

    Te fais-tu bercer par la lune ?

     

    Si tu fais vraiment tout cela,

    Tu as sans doute bien raison

    D’oublier que nous t’attendons.

     

    Et tu dois être mieux là bas,

    Là, en haut, où l’amour est roi,

    Pour nous laisser vivre sans toi !

    Nyx

     

     

    Note de l’auteur : Petit poème du 15. Il n’est pas terrible mais j’ai dû l’écrire dans le train. Je rentre de Bretagne aujourd’hui et Quimper-Bruxelles, c’est 8h de trajet au total… Mais je ne voulais pas rater la publication donc le voilà envoyé depuis le Thalys.


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  • Epopée du Neo-Empire

    Chant II

    2 ans et un deuil qu'on ne peut affronter

     Muses, ne fermez pas les yeux,

    Qu'ils sont devenus laids nos Dieux

    Lorsqu'ils ont lié le destin

    De teekerebs à un fil fin.

    Dans ce royaume si joli

    Aux vallons chantant et fleuris

    Aux tours élevées, protégées,

    Aux jardins bruissant, colorés,

    Aux amours sans fin sans histoire

    Aux coeurs sans douleur, ni déboire,

    ils ont envoyé un fléau

    De l'enfer, virulent chaos,

    Peste sans nom qui vint s'abattre

    Dans nos maisons pour nous combattre

    Et s'immisça dans le palais,

    Frappant Eugénie sans délais.

     

    Si tôt Eugénie s'effondra,

    Ne pouvant plus quitter ses draps

    Épuisée, elle agonisait

    Dignement, en un lieu secret.

    Le pays se mit à pourrir

    Les fleurs, les jardins à moisir.

    Les cerisiers autrefois roses

    Perdirent leurs couleurs, leurs proses.

    Les murs de partout s’effritaient

    Les gens de tous coins s'enfuyaient,

    mourant, affamés, effrayés

    La magie cessa d'opérer.

    Ici la perte, ici la mort

    Là dissolution, là des corps...

    Dans les rues, du sang et des cris,

    Des rats, des cafards, des souris.

    Plus de framboises à cueillir,

    Plus d'enfants à entendre rire.

    Jamais plus de joie, pour toujours

    Plus de tendresse et plus d'amour.

     

    Dans une petite maison

    Pour la dernière des saisons,

    Eugénie était entourée

    Des enfants par elle élevées.

    De victoire, Tollia, Caela

    D'atera, Anaxa, Luna.

    Face à la mort, elle fut digne

    Ne montrant pas le moindre signe

    De faiblesse ni de souffrance

    La tête haute, elle attendait

    Thanatos qui l'emporterait.

    Victoire d'Eugénie prit soin

    Jusqu'au dernier souffle de fin...

    Quant à Luna...

     

    Luna vint tous les jours s'asseoir

    Près d'Eugénie, pleine d'espoir,

    Car Eugénie l'avait aimée,

    Unique dans le monde entier,

    Sans condition et sans limite

    Comme une brillante pépite.

    Nuit, jour et soir à son chevet

    Luna encor lui racontait

    Lui promettait de s'en sortir,

    De grandir et de réussir.

    Les larmes inondaient ses joues

    Parce que bientôt elle et Loulou

    Perdraient leur bonheur étoilé

    Seraient seuls pour l'éternité,

    Sans Eugénie pour les guider,

    Sans personne pour les aimer.

    Et Luna promettait encore

    De conserver comme un trésor

    Au fond du cœur les souvenirs

    Et de ré-apprendre à sourire.

    Eugénie parlait d'être heureux,

    Et lui caressait les cheveux,

    Si le temps s'était arrêté,

    Pour sentir qu'elle était aimée...

     

    Puis Eugénie ferma les yeux,

    Elle était rappelée à Dieu.

    Ô Muses, il vous faut chanter

    Comme on ne cessa de pleurer

    Les cris, désespoir, la douleur

    Le vide, l'absence, les pleurs.

    Car si Luna encor respire

    Elle a en fait cessé de vivre.

    Nyx

    Note de l'auteur: La suite de l'épopée, commencée le 15 juin précédent. (Pour vous souvenir du chant I, cliquez ici). Je n'en suis pas particulièrement fière mais je suis trop au bout du rouleau pour réussir à faire mieux en cette triste nuit. Il est possible qu'il reste quelques fautes. Je m'en excuse et tenterai de les corriger demain.


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  • Personne ne peut t'aimer

     

    Puisses-tu ne pas oublier

    Que personne ne peut t'aimer,

    Puisse ton triste sang couler

    Pour toujours te le rappeler.

     

    Moins que rien. Larmes acides. Vide. Et tu tombes, tombes, tombes. C'était beau l'espoir. Quand la nuit noire. Tombe sur le jour. Et qu'elle te fait croire. Que tu es digne d'amour. C'était beau le soir. Et tu voles, voles, voles.

     

    Pourras-tu donc te souvenir

    Que c'est seul que tu vas mourir,

    Sans personne pour te sourire :

    « tu ne mérites pas de vivre ».

     

    Pourquoi penser ? Pourquoi danser ? Pour un petit bout de chaleur ? Chaleur humaine. Chaleur du coeur ? Mais ce n'est pas pour toi. Pas toi, non, pas toi... Tu ne l'avais pas compris ? C'était beau la vie. C'était beau l'amour. C'était beau de croire...ne pas crever seul... Mais va donc petit épagneul. Personne ne peut t'aimer.

     

    Allons va retrouver le froid,

    Va, allez, car c'est lui ton roi

    Un loup, un fantôme et toi, trois

    Trois pour rester loin de leur croix.

     

    Monstre, monstre, monstre ! Va, cours, ton loup sur les épaules. Le fantôme dans ton dos. Loin, plus loin. Ils te chassent à coups de pierres. Qui étais-tu pour espérer ? Monstre, monstre, monstre ! Qui aurait pu te supporter ? Et tu as cru pouvoir oublier ? Que tu n'as rien, que tu n'es rien. Personne ne t'a jamais choisi, personne ne t'a jamais voulu. Pourquoi chanter ? Cours ! Va rejoindre l'enfer. C'est à Lucifer...Que tu appartiens. Tu as crû pouvoir le doubler ? Mais tu n'as rien. Tu n'es rien. Monstre, monstre, monstre ! Abandonne. Allons ! Fais toi une raison. Oublie l'humain. Tu as cru être apprécié ? Mais tu n'as rien. Tu n'es rien. Sèche tes joues. C'est terminé. Emporte ton loup. Personne ne peut t'aimer.

     

    Ah voilà ! Tu es repoussant !

    Que tu es laid, un peu souffrant.

    Ils disent que tu es répugnant

    Et juste est leur raisonnement.

     

    Qui pourrait te toucher ? T'es-tu donc regardé ? Tu es seul, tout le temps. Dégoûtant. Différent. Tu repousses. C'est pas toi. T'es né comme ça. Mais regarde-toi ! Pour qui pourrais-tu encore compter ? A part ce fantôme. A part ce loup. Sois pas jaloux. Toi tu ne mérites pas. Les câlins, les bisous. Toi, tu n'es pas digne. D'un sacrifice. Mais enfin ! Tu n'as rien, tu n'es rien. Enfonce-toi dans les fonds des bois. Personne ne viendra te chercher. Tu pourras y mourir sans émoi. Personne ne viendra te réclamer. Car tu n'as rien. Tu n'es rien. Et personne ne peut t'aimer...

     

    Comment ai-je pu oublier

    Que personne ne peut m'aimer ?

    Puisse mon triste sang couler

    Pour toujours me le rappeler.

    NYX

     

    Note de l'auteur: petit jeu nouveau. Poésie et prose. J'ai essayé de jouer sur les sons, le rythme même dans la prose. A demain, sans doute. Pour la suite de l'épopée.


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  • Souvenir de lune

    22 mois et mon coeur...

     Je ferme les yeux. L'univers change. Une douce brise écarte les nuages, la lune pleine illumine le sombre ciel étoilé. Et j'ouvre la porte, la douce odeur de notre maison envahit mes narines. Je la respire, je l'hume, je m'en imprègne jusqu'à m'en faire exploser le cœur. Un bien être me saisit soudainement lorsque je constate que la porte de ta chambre est ouverte et que tu es là, allongée, endormie, comme un oiseau sans soucis, comme un ange du paradis. Je m'avance, le sourire au lèvre, la joie dans l'âme, sur la pointe des pieds pour ne pas te réveiller. Tu es si belle. Tu as l'air si douce, si paisible. Qui aurait pu deviner... Un rayon de lune se porte sur ton visage. Je peux lire sur tes traits tout l'amour que tu ressens pour nous. Je me penche et je t'embrasse le front. Ce doux contact me remplit de chaleur, de bonheur. Tu es en vie et moi je peux rire à nouveau. Délicatement, je reprends le livre sur lequel tu t'es endormi et qui repose là, à tes côté - le petite chanceux -, je le referme sans te quitter des yeux, prenant bien soin de marquer ta page et je le repose sur ta table de nuit. Tout est beau. Tout est calme. Tout est nous. La nuit et l'espoir de ce qu'il y avait à construire. Et tu dors sans te douter de ma présence. Ta respiration berce les battements de mon cœur. Je voudrais que toutes les nuits tu dormes ainsi pour mieux pouvoir te réveiller. Alors doucement, j'enlève tes lunettes - tu les avais gardées sur ton nez. Je fais attention à ne pas te réveiller. Je plie les branches et les dépose sur ton livre. Je peux maintenant me perdre dans ma contemplation. Si je pouvais admettre que tout cela n'est qu'un souvenir... Mais tout a l'air si réel et je nous vie à nouveau. Je ne vivrais pour toujours. Je caresse délicatement tes cheveux. J'ai tant peur de te réveiller alors je t'embrasse... Un dernière fois. J'éteins ta lampe de chevet et je quitte ta chambre, comme je suis venue, sur la pointe des pieds, sans un regard en arrière, sans savoir... Je me dirige vers ma chambre, je me couche, je ferme les yeux, je m'endors... Et le lendemain matin, tu auras disparu, tout aura disparu. Sauf moi.

    Nyx

     

    Note de l'auteur: Je sais; j'ai un mois de retard. Mais pour des raisons personnelles, je n'ai pas eu l'occasion d'écrire le mois dernier. Voilà donc le poème - en prose - pour ces 22 mois d'absence. Il faudrait que je trouve le temps de vous écrire et de vous publier des petites choses plus joyeuses. J'essaierai. Merci pour toutes vos visites A bientôt


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  • Cascade de Haikus

    20 mois et je suis vide de toi

     Il a plu pour elle

    Doux espoir dans les ténèbres

    Mais son souffle a fui

     

    Il a plu ce jour

    Quand l'ange a ouvert ses ailes

    Âmes éplorées

     

    Il a plu hier

    Un arc-en-ciel pour le rêve

    Mort sans le soleil

     

    Il a plu ce soir

    Sur le marbre dur et froid

    En brille ta tombe

     

    Il a plu la nuit

    Le ciel cruel se fend

    Noire nostalgie

     

    Il pleut aujourd'hui

    Pour l'ouragan de douleurs

    Nos cœurs endeuillés

     

    Il a plu longtemps

    Le triste cerisier dort

    Oublieux du monde

     

    Il pleuvra demain

    Il pleut pour l'éternité

    Tristesse infinie

    Nyx

     

    Note de l'auteur: Je me sens particulièrement bizarre en ce funeste 15. Non point prise par l'habituelle douleur dévorante et insoutenable mais plutôt une nostalgie placide, un vide absolu, une absence qu'on ne peut combler, un trou béant au lieu d'une morsure brûlante. Je ne savais pas tout à fait comment rendre cela alors j'ai opté pour la simplicité des haikus et j'en ai fait une petite cascade, jouant sur le thème de l'eau qui me semble refléter parfaitement bien la grisaille infinie, le côté morne et sans but de l'existence. A bientôt


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