• Quand le soleil est froid

     

    Il n'y a pas besoin de courir:

    Le temps s'écoule dans nos veines

    Comme un poison dans nos sourires,

    A terre, les têtes des reines.

     

    Un reflet de joie dans les yeux,

    Miroir de ce chagrin de nuit,

    Que ne peut chanter même Dieu

    Et qui donnant la vie, nous nuit.

     

    Il ne faudrait qu'une présence

    Pour que danse la solitude

    Et il suffit de ton absence

    Pour faire souffrir l'habitude.

     

    Quand le soleil est froid

    Et la larme éternelle

    Et quand l'amour est croix,

    Alors la vie est belle.

     

    Il n'y a pas besoin de pleurer:

    Les rires coulent dans nos cœurs,

    Et les larmes sur l'oreiller

    Valsent les rêves du bonheur.

     

    J'écris pour les souvenirs morts

    Et pour l'avenir arc-en-ciel,

    Pour les guerres sous les trésors,

    Pour les unions artificielles.

     

    Et qu'un doux rayon de lumière,

    Vienne réveiller la cigale,

    Pour chanter l'éloge des pierres,

    Ô ange, que le jour est pâle.

     

    Quand le soleil est froid

    Et la larme éternelle

    Et quand l'amour est croix,

    Alors la vie est belle.

     

    Il n'est pas besoin de mourir

    Puisque la vie s'enfuit toujours,

    Prendre des siècles pour fleurir,

    Dormir dans les plus hautes tours.

     

    Du vide dans les hurlements,

    Âme comblée dans le silence,

    Jouir des nobles monuments,

    Les fantômes de l'existence.

     

    Savourer la douce musique,

    Au cœur de la haine mordante,

    Éprouver l'amour angélique

    Et toujours repartir perdante.

     

    Quand le soleil est froid

    Et la larme éternelle

    Et quand l'amour est croix,

    Alors la vie est belle.

    Nyx


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  • Ballade pour notre jardin

    19 mois et tout est gris

     Ange, tu nous parlais des fleurs,

    Tu disais qu'elles pousseraient,

    Tu parlais de chants, de couleurs,

    Que rien ne les arrêterait,

    De jardins aux mille reflets,

    De sourires dans la maison.

    Mais je ne vois rien désormais,

    Il n'y a que des murs en béton...

     

    Ange, quelle fut mon erreur?

    Tu nous parlais de farfadets,

    De fées, de rires, de bonheur,

    Tu nous parlais d'oiseaux distraits,

    De liberté dans un palais,

    D'un univers fait de chansons.

    Mais je n'entends rien désormais,

    Il n'y a que des murs en béton...

     

    Mille rêves dans les odeurs

    De tes cerisiers japonais,

    Tu disais qu'ils avaient un cœur,

    Ces cerisier que j'admirais

    Et qu'ils devaient fleurir en mai,

    Et nous, nous trouvions le temps long.

    Mais je n'attends rien désormais,

    Il n'y a que des murs en béton...

     

    Mais, Ô ange, qu'ils faneraient,

    Tu n'en avais rien dit, allons,

    Il est mort notre jardinet,

    Il n'y a que des murs en béton...

    Nyx

    Note de l'auteur: Je ne donne pas trop signe de vie. C'est que je n'ai pas beaucoup de temps. Examens, vie privée, tout ça. Mais je n'oublie jamais les 15 du mois. Quand j'étais enfant, j'étais en admiration devant les cerisiers japonais (un des seuls mots que je connaisse en Luxembourgeois d'ailleurs) qui étaient plantés le long des trottoirs de la maison et je jardinais parfois en agréable compagnie. A bientôt.

     


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  • Sonnet de ce Noël sans toi

    18 mois et rien ne change.

     Comme elles brillent ces lumières

    Elles rayonnent du bonheur

    De toutes les familles fières

    Qui fredonnent Noël en coeur

     

    Il fait chaud chez eux près du feu

    Et moi j'ai froid ici sans toi

    Le cher Noël n'est plus un jeu

    Il est le rappel de ta croix

     

    C'est une place vide à table

    Une immense absence d'amour

    Début d'une enfance sans fable

     

    Dans la vie, dans les rues je cours

    Fuir tous ces gens qui sont aimés

    Seule de ce Noël brisé

    Nyx

     Note de l'auteur: J'en suis pas particulièrement fière car j'ai pas réussi à exprimer vraiment tout ce que je ressens. En plus, ce sont les 18 mois, elle aurait mérité bien mieux. Mais je suis épuisée. Trop de travail pour l'université... J'aimais bien Noël, avant... Essayez de ne point voir de lien religieux, il n'y en a pas, merci. Et merci pour toutes vos visites. A bientôt. 


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  • Sonnet du sourire noir

     

     Creuser lentement, doucement,

    De l’extrémité du couteau,

    Du côté courbé de la faux,

    Un sourire aux couleurs du sang.

     

    Laisser subtilement couler

    L'ocre rouge sur le coeur blanc,

    Salir la pureté d’antan,

    Mélange, sans larmes pleurées.

     

    Et le rouge et le blanc sont noirs,

    Et sont ce macabre sourire,

    Celui qui fait naître l'espoir,

     

    De la colère, il est martyre,

    Victime d'un silence creux,

    Lui, la fin sanglante des jeux.

    Nyx 

     

     Note de l'auteur: Petit sonnet. Merci pour vos 18000 visites. Je suis désolée pour les commentaires restés sans réponse. Je les lis tous et promets de prendre le temps d'y répondre à la fin des examens. On se retrouve le 15!


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  • Son corps est froid

     Son corps est tiède. Une heure, deux heure, trois heures. Elle était tellement seule. Quelques cachets, une triste nuit d'hiver. Il faisait bien trop froid pour respirer, bien trop froid pour continuer. Son corps est tiède. Quatre heures, cinq heures, six heures. Elle était encore seule. Quelques comprimés une cruelle nuit d'hiver. Les factures s'entassaient, impayées, inquiétantes. Quelques larmes restent collées à son œil droit. Larme d'avoir compris qu'elle ne pourrait plus se lever, le matin. Larme pour n'avoir plus trouvé de raisons de se lever, de n'avoir plus trouver assez de force pour faire semblant. Son corps refroidit. Sept heures, huit heures, un jour. Une lente musique pour une rude nuit d'hiver. Elle avait faim parfois. Faim, comme on le pense et faim d'amour et de câlins. Elle était trop seule. Personne. Jamais personne pour s'inquiéter, jamais personne à qui manquer, jamais personne à retrouver. Jamais personne pour l'aimer. Un sourire, un seul sourire peut-être qui n'a pas suffit à la faire rester. Son corps est froid. Un jour, une heure, deux heures. Solitude extrême. Fatiguée, tellement fatiguée. Un combat qu'elle a mené et qu'elle n'a pas pu gagner. Un soleil qui n'apparaissait plus. Elle avait soif parfois, soif de câlins, soif d'amour. Besoin aussi, de contacts, quelques contacts. Besoin de ces souvenirs mais besoins qu'on cesse inlassablement de lui rappeler cette solitude dévorante. Son corps est froid. Un jour, trois heures, quatre heures. Un trou noir béant pour cette sale nuit d'hiver. Et pas de larme pour cette âme qui se soulève, non pas de larme pour quelqu'un qui n'est pas aimable. Qui pour pleurer cette chose ? Qui pour l'aimer ? Son corps se glace. Un jour, deux jours, une heure. Elle n'était plus que solitude. Divine libération en cette sombre nuit d'hiver. Fermer les yeux, rejoindre le vide, trouver l'amour, rêver peut-être. Dormir toujours et ne plus avoir à trouver de raison de se lever. Ne plus devoir puiser ses dernières forces. Personne ne s'inquiète de ne pas la voir, de ne pas l'entendre. Son corps se glace. Un jour, deux jours, deux heures. Elle était décidément trop seule. Absurde réalité pour cette noire nuit d'hiver. Pas un choix. Des abandons encore et encore. Sa faute ? Sans doute. On ne reste pas pour quelqu'un qui ne peut être aimée. Elle avait des rêves. Trop. Et elle était seule, toujours si seule, terriblement seule, aveuglément seule, horriblement seule, follement seule, exécrablement seule, insupportablement seule. Son corps se glace. Un jour, deux jours, trois jours. Elle était tellement seule. Quelques cachets, une triste nuit d'hiver. Son corps est froid.

    Nyx

     Note de l'auteur : Et pourtant, je n'aime pas trop la prose poétique, vous le savez. Mais cette nuit, je le sentais bien, j'étais inspirée. J'espère que ce petit texte vous a plu ou touché. A bientôt -au plus tard au 15 décembre !

     

     

     


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