• Son corps est froid

    Son corps est froid

     Son corps est tiède. Une heure, deux heure, trois heures. Elle était tellement seule. Quelques cachets, une triste nuit d'hiver. Il faisait bien trop froid pour respirer, bien trop froid pour continuer. Son corps est tiède. Quatre heures, cinq heures, six heures. Elle était encore seule. Quelques comprimés une cruelle nuit d'hiver. Les factures s'entassaient, impayées, inquiétantes. Quelques larmes restent collées à son œil droit. Larme d'avoir compris qu'elle ne pourrait plus se lever, le matin. Larme pour n'avoir plus trouvé de raisons de se lever, de n'avoir plus trouver assez de force pour faire semblant. Son corps refroidit. Sept heures, huit heures, un jour. Une lente musique pour une rude nuit d'hiver. Elle avait faim parfois. Faim, comme on le pense et faim d'amour et de câlins. Elle était trop seule. Personne. Jamais personne pour s'inquiéter, jamais personne à qui manquer, jamais personne à retrouver. Jamais personne pour l'aimer. Un sourire, un seul sourire peut-être qui n'a pas suffit à la faire rester. Son corps est froid. Un jour, une heure, deux heures. Solitude extrême. Fatiguée, tellement fatiguée. Un combat qu'elle a mené et qu'elle n'a pas pu gagner. Un soleil qui n'apparaissait plus. Elle avait soif parfois, soif de câlins, soif d'amour. Besoin aussi, de contacts, quelques contacts. Besoin de ces souvenirs mais besoins qu'on cesse inlassablement de lui rappeler cette solitude dévorante. Son corps est froid. Un jour, trois heures, quatre heures. Un trou noir béant pour cette sale nuit d'hiver. Et pas de larme pour cette âme qui se soulève, non pas de larme pour quelqu'un qui n'est pas aimable. Qui pour pleurer cette chose ? Qui pour l'aimer ? Son corps se glace. Un jour, deux jours, une heure. Elle n'était plus que solitude. Divine libération en cette sombre nuit d'hiver. Fermer les yeux, rejoindre le vide, trouver l'amour, rêver peut-être. Dormir toujours et ne plus avoir à trouver de raison de se lever. Ne plus devoir puiser ses dernières forces. Personne ne s'inquiète de ne pas la voir, de ne pas l'entendre. Son corps se glace. Un jour, deux jours, deux heures. Elle était décidément trop seule. Absurde réalité pour cette noire nuit d'hiver. Pas un choix. Des abandons encore et encore. Sa faute ? Sans doute. On ne reste pas pour quelqu'un qui ne peut être aimée. Elle avait des rêves. Trop. Et elle était seule, toujours si seule, terriblement seule, aveuglément seule, horriblement seule, follement seule, exécrablement seule, insupportablement seule. Son corps se glace. Un jour, deux jours, trois jours. Elle était tellement seule. Quelques cachets, une triste nuit d'hiver. Son corps est froid.

    Nyx

     Note de l'auteur : Et pourtant, je n'aime pas trop la prose poétique, vous le savez. Mais cette nuit, je le sentais bien, j'étais inspirée. J'espère que ce petit texte vous a plu ou touché. A bientôt -au plus tard au 15 décembre !

     

     

     


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